Histoire : Triumph Tiger Cub , de la ville aux zones

Triumph Tiger Cub : la petite anglaise qui a servi l’armée française… et conquis le monde du trial
Lorsque Triumph lance la Tiger Cub en 1956, l’objectif est simple : proposer une moto économique, facile à entretenir, destinée aux jeunes pilotes et aux usages utilitaires. Avec son monocylindre 4 temps de 200 cm³, sa construction compacte et son poids plume, elle séduit rapidement bien au-delà du marché civil.

Caractéristiques techniques : la légèreté comme philosophie
La Tiger Cub n’a rien d’un monstre de puissance, mais c’est précisément ce qui fait sa force.
Caractéristique Valeur
Moteur Monocylindre 4T, 199 cm³
Puissance 10–12 ch selon versions
Poids Environ 100 kg
Vitesse max ~90 km/h
Transmission Boîte 4 vitesses intégrée au bloc moteur
Particularité Châssis simple, très maniable
Cette architecture légère et compacte deviendra la signature de la Cub… et la raison de son succès dans une discipline qui explose dans les années 60 : le trial.
La Triumph Cub : une pionnière du trial moderne
Dans les années 60, le trial britannique est en pleine mutation. Les grosses monocylindres d’avant-guerre sont trop lourdes, trop brutales. Les pilotes cherchent des machines plus fines, plus dociles, capables de grimper, tourner, franchir avec précision.
La Tiger Cub devient alors la base idéale :
• moteur souple et coupleux à bas régime,
• poids très faible,
• châssis facile à modifier,
• pièces disponibles en abondance.

Des préparateurs comme Sammy Miller, véritable révolutionnaire du trial, transforment la Cub en machine de compétition.
Sammy Miller a transformé la Triumph Tiger Cub en véritable machine de trial en modifiant radicalement son châssis, sa suspension, son moteur et ses accessoires. Ces adaptations ont permis à la Cub de rivaliser avec les meilleures motos de trial des années 60.
Principales modifications apportées par Sammy Miller :
.Châssis et géométrie
Reservoir d’huile moteur intégré dans le cadre
• Bras oscillant élargi et rallongé : pour accueillir un pneu arrière plus large (jusqu’à 400 x 18”) et améliorer la stabilité en franchissement
• Réduction du poids : suppression des éléments superflus, utilisation de pièces en aluminium (réservoir, garde-boue, leviers).
• Révision de la géométrie : pour abaisser le centre de gravité et améliorer la maniabilité dans les zones techniques.
Préparations moteur et suspension
D'autres préparateurs iront encore plus loin comme Drayton ou aujourd'hui UPB qui propose un cadre très allégé et aux dimensions plus adaptées au trial. Toujours UPB ou encore REH proposent aujourd'hui des fourches d'une efficacité redoutable .


Et le sport dans tout ça ?
Sportivement l’heure de gloire de la Triumph Cub a été l’année 1959 avec la victoire de Roy Peplow qui remporta le Scottish Six Days Trial (6 joours d'Ecosse) sur une Triumph Tiger Cub RUE 923 de 199 cm3 préparée par l'usine. C'était la première fois qu'une machine de petite cylindrée remportait les SSDT
Elle remportera de nombreuses compétitions locales et nationales, et inspirera toute une génération de motos de trial légères, dont les futures Bultaco Sherpa, Montesa Cota ou Ossa MAR.
Elle annonçait la fin de la domination des « grosses motos » et le début du trial moderne

En France, les Cub militaires finissent… en trial !
Dans les années 60, l’armée française cherche une moto légère, maniable, capable d’assurer des missions de liaison, de formation et de circulation. Les grosses cylindrées militaires d’après-guerre sont lourdes, coûteuses et peu adaptées aux nouveaux besoins. La Tiger Cub apparaît alors comme une solution idéale
Après leur service militaire, de nombreuses Tiger Cub sont revendues aux domaines. Beaucoup finissent entre les mains de passionnés qui les transforment en motos de trial artisanales.
Dans les années 70, il n’est pas rare de voir des Cub ex-militaires participer à des épreuves régionales, notamment dans le sud-est et le Massif central. Elles ont comme avantage d'avoir une boite courte particulièrement apprécié en off road .
Certaines portent encore, sous la peinture brillante, les traces kaki de leur passé militaire. Un clin d’œil charmant à leur double vie.
Elles représentent un morceau d’histoire : celle d’une moto modeste qui a su se rendre indispensable, que ce soit dans une caserne française ou dans une zone de trial boueuse.
• simple à entretenir,
• économe,
• facile à prendre en main,
• suffisamment robuste pour un usage quotidien en caserne.
Les versions militaires reçoivent une peinture kaki, des marquages spécifiques et parfois quelques adaptations mineures. Elles ne sont pas destinées au combat, mais à la logistique, aux déplacements rapides et à l’instruction des jeunes motocyclistes militaires.
La Triumph Tiger Cub n’a jamais été conçue pour être une moto militaire, ni une moto de compétition. Et pourtant, elle a excellé dans les deux domaines.
Dans l’armée française, elle a formé des générations de motocyclistes.
Dans le trial, elle a ouvert la voie à une nouvelle philosophie : la légèreté avant tout.
Une moto simple, efficace, et finalement visionnaire. Une machine qui prouve qu’on peut marquer l’histoire sans être la plus grosse, la plus puissante ou la plus impressionnante.
La Triumph Cub , un beau succès commercial
Produite entre 1953 et 1969 , toutes versions confondues , la maison Triumph a produit plus de 100 000 "Cub"




